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En France, nous avons la chance de pouvoir boire l’eau du robinet. Les contrôles la concernant sont nombreux et réguliers et assurent sa qualité. Pour autant, certains scandales sanitaires voient malgré tout le jour.
Aujourd’hui, nous souhaitons mettre en avant un problème qui dure depuis des décennies. Nous faisons référence à la présence de chlorure de vinyle monomère (CVM) dans l’eau du robinet. Une présence qui inquiète les autorités sanitaires et les consommateurs. Il s’agit effectivement d’un gaz autrefois utilisé pour la fabrication des canalisations en PVC (avant les années 80). Or, il est cancérogène. Malgré les avancées techniques, le problème persiste.
Eau du robinet : pourquoi le CVM est-il dangereux ?
Le CVM est donc un gaz synthétique que les fabricants de canalisations d’eau potable utilisaient pour produire le polychlorure de vinyle (PVC). Avant les années 1980, les procédés de fabrication du PVC impliquaient de fortes concentrations de CVM résiduel. Des concentrations qui pouvaient atteindre jusqu’à 2 000 mg par kilo de PVC, contre moins de 1 mg par kilo aujourd’hui (Ministère de la Santé).
Il faut attendre 1987 pour que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classe le CVM comme agent cancérogène certain pour l’humain. Lorsque l’eau du robinet stagne longtemps dans ces anciennes canalisations en PVC, elle peut se charger en molécules de CVM et devenir une source de contamination pour les consommateurs.
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Malheureusement, puisque les Français boivent l’eau du robinet, cette contamination les concerne directement. Certains coins de France, et notamment les zones les plus rurales, sont les premières victimes de ce gaz. Au niveau du bassin Adour-Garonne, 44 % des canalisations sont à risque, selon La Montagne.
Le pourcentage est tout aussi alarmant au niveau du bassin Loire-Bretagne, avec 43 % des canalisations à risque.
Un suivi sanitaire insuffisant ?
Dans ces territoires, l’eau stagne souvent en bout de réseau. De ce fait, cette stagnation augmente le temps de contact avec les matériaux contaminés. Une étude des agences régionales de santé (ARS) a identifié 181 communes où les concentrations de CVM dépassent la limite réglementaire de 0,5 µg/l (ARS Occitanie, France TV). Cette liste est disponible à l’adresse suivante : larep.fr.
Nos lecteurs se disent sans doute qu’il s’agit d’un scandale sanitaire. Après tout, des millions de Français boivent chaque jour l’eau du robinet. C’est d’autant plus un scandale que le problème est connu depuis des décennies. Pour autant, le suivi sanitaire reste insuffisant.
En effet, les premières mesures ponctuelles du CVM dans l’eau potable datent seulement de 2007, et les prélèvements réguliers n’ont été instaurés qu’en 2011 (Ministère de la Santé). En comparaison, les États-Unis réalisent ces contrôles depuis 1975, avec une précision allant jusqu’au centième de microgramme par litre (Reporterre).
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Comment en finir avec cette contamination ?
Il semble indispensable d’assainir l’eau du robinet et d’en finir avec cette contamination. Évidemment, la solution idéale serait de remplacer toutes les anciennes canalisations en PVC par des tuyaux modernes qui contiennent moins de CVM.
Cependant, ce processus est extrêmement coûteux : entre 50 000 et 200 000 euros pour remplacer un kilomètre de canalisation (Agence Loire-Bretagne). Ce coût est souvent à la charge des collectivités locales, qui peinent à financer ces travaux sans augmenter la facture d’eau pour les usagers.
Sinon, une autre possibilité consiste à purger régulièrement les canalisations. En effet, une purge devrait permettre d’évacuer le surplus de CVM. Certes, cette méthode peut réduire temporairement la contamination de l’eau du robinet. En revanche, elle gaspille une ressource précieuse, surtout en période de sécheresse.
Face à l’impossibilité d’éliminer totalement le CVM dans certaines zones, certains usagers doivent se tourner vers l’eau minérale pour éviter tout risque sanitaire. Une option qui n’est pas sans conséquence. En effet, les bouteilles d’eau contiennent beaucoup plus de microplastiques que l’eau du robinet. Alors, le consommateur ne semble jamais gagnant.