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Depuis quelques années, le paiement sans contact s’est imposé dans nos pratiques commerciales. Il n’est plus nécessaire de taper son code confidentiel pour réaliser des achats. Nous pouvons effectivement payer avec notre carte bancaire (dans la limite de 50 euros) ou notre téléphone en l’approchant simplement d’un lecteur TPE.
Alors que cette pratique continue de se développer, la Suède, pionnière dans la digitalisation des paiements, prend une position radicale en renforçant l’utilisation de l’argent liquide. Cette approche peut surprendre, puisqu’elle s’écarte des tendances actuelles.
En effet, les consommateurs utilisent de moins en moins les billets, les pièces et les chèques. Pourquoi la Suède souhaite-t-elle opter pour une stratégie qui s’apparente à un retour en arrière ?
L’essor du paiement sans contact en Europe
Le succès du paiement sans contact, surtout depuis 2020, est un fait établi. En 2024, ce mode de règlement représentait 62 % des transactions par carte bancaire en France, selon le Comité national des moyens de paiement (CNMP).
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Pendant la crise sanitaire, pour limiter les contacts, les Français ont massivement adopté cette approche. Et si la pandémie est désormais derrière nous, les consommateurs ne délaissent pas pour autant le paiement sans contact. Et pour cause, il présente plusieurs atouts intéressants, à commencer par sa rapidité.
Grâce à cette méthode, vous pouvez payer par carte, mais aussi avec votre téléphone portable. C’est la technologie NFC (Near Field Communication) qui rend cela possible. Avec Apple Pay ou Google Pay, il est donc possible d’effectuer un achat en quelques secondes.
La position radicale de la Suède
La plupart des pays européens encouragent le paiement dématérialisé. La Suède, au contraire, a décidé de renforcer l’utilisation de l’argent liquide. Ce choix peut sembler paradoxal pour un pays souvent considéré comme un modèle d’innovation technologique.
Mais cette stratégie a des objectifs précis. En effet, le pays considère que l’argent liquide reste une alternative fiable en cas de défaillance des systèmes numériques ou d’attaques informatiques.
Les cybercriminels exploitent en effet les failles du paiement sans contact pour mener des arnaques très efficaces. Pour protéger les habitants, la Suède encourage donc l’utilisation des espèces.
De plus, le pays refuse que la généralisation du paiement sans contact exclue certaines catégories de sa population. L’objectif est notamment de protéger les personnes âgées et celles vivant dans des zones rurales où l’accès aux technologies numériques est limité.
Enfin, la Suède estime qu’un équilibre entre numérique et espèces est nécessaire pour éviter une dépendance excessive aux paiements digitaux.
Des mesures concrètes chez nos voisins
Pour inciter les citoyens à limiter l’usage du paiement sans contact au profit d’autres moyens de règlement, la Banque centrale suédoise (Riksbank) a annoncé plusieurs initiatives. Elle compte notamment renforcer les infrastructures. Alors qu’en France, le nombre de distributeurs est en baisse, la Suède souhaite s’assurer que les DAB restent accessibles sur tout le territoire.
Le pays encourage également les commerces à accepter davantage les paiements en espèces. Il s’agit d’une recommandation et non d’une obligation, mais cette mesure vise à maintenir une circulation active de l’argent liquide. Enfin, si le paiement sans contact reste accessible pour les transactions courantes, certaines restrictions progressives pourraient être mises en place dans certains secteurs.
La décision suédoise pourrait influencer d’autres nations européennes confrontées à des problématiques similaires. Entre les cyberattaques, les fraudes et l’exclusion numérique d’une partie de la population, les arguments en faveur d’un équilibre entre espèces et paiements numériques ne manquent pas.