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Réduire la pollution lumineuse et ses effets





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Prise en compte spécifique de la biodiversité


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Quelle lumière perturbe le moins la biodiversité ?


C’est un des critères les plus complexes car en fonction des espèces, les longueurs d’ondes perturbantes ne seront pas les mêmes.

Par exemple, pour nuire le moins possible aux insectes, qui voient dans l’ultraviolet, les couleurs oranges/rouges sont préférables. En revanche, les oiseaux sont plutôt sensibles au rouge.

Il n’y a donc pas d’idéal. Néanmoins, les lumières blanches, qui émettent dans un maximum de longueurs d’ondes sont peut-être celles qui risquent mécaniquement d’impacter le plus grand nombre d’espèces. Dans le même temps, c’est aussi celles qui offrent un rendu des contrastes le plus fidèle à la lumière du jour, et pour cette raison elles sont recherchées pour les mises en lumière.

Voici une série d’ampoules possibles, non exhaustive, avec quelques détails sur leurs émissions :

- l’ampoule à incandescence : c’est la bonne vieille ampoule à filament. Elle produit une lumière chaude, plutôt jaune/orangée, donc intéressante en termes d’impacts réduits sur la biodiversité. Par contre cette ampoule disparait actuellement du marché du fait de son rendement très faible (perte importante d’énergie par émission de chaleur (effet Joule)),

- les ampoules halogènes : elles émettent beaucoup dans l’ultraviolet et à ce titre elles peuvent avoir des conséquences sur les insectes,

- les ampoules à Mercure : elles émettent moins dans l’ultraviolet que les lampes halogènes mais elles consomment beaucoup d’électricité,

- les lampes à Sodium Basse-Pression : elles ont le meilleur des rendements possibles et produisent une lumière rouge,

- les lampes à Sodium Haute-Pression : elles ont un bon rendement aussi mais sont plus éblouissantes, elles produisent une lumière jaune/orange. On en retrouve encore beaucoup sur l’éclairage public. Compte-tenu de leurs longueurs d’ondes, ce sont donc les lampes idéales pour minimiser les impacts sur les insectes. Mais leur rendu des couleurs est médiocre et elles sont désormais souvent remplacées, notamment par des LED,

- les LED : elles produisent une lumière froide blanche/bleutée et avec un excellent rendement, ce qui les rend actuellement très attractives pour ceux qui limitent leurs réflexions aux enjeux économiques de la pollution lumineuse. Sur le plan biodiversité, du fait de tous les éléments donnés précédemment, elles ont un impact fort sur l’entomofaune. Enfin, leur efficacité énergétique est à double tranchant car, leur nombre est parfois multiplié tout en consommant moins que les luminaires qu’elles ont remplacés, ce qui au final revient à augmenter les sources de pollution lumineuse.



Démarches de réseaux écologiques


Afin de lutter contre le phénomène de fragmentation des habitats naturels, il est important de préserver et restaurer des continuités écologiques. Celles-ci doivent alors former un réseau écologique, constitué de réservoirs de biodiversité et de corridors écologiques.

Des préconisations ont été formulées par le Centre de ressources TVB pour intégrer la problématique de la fragmentation par la lumière artificielle lors d'une démarche de réseau écologique (Sordello et al., 2014). La pollution lumineuse peut ainsi intervenir à plusieurs étapes (=> Voir le rapport complet) :

- Au moment du diagnostic, c'est à dire de la phase préliminaire à l'identification du réseau écologique. Cette phase consiste généralement à lister et spatialiser les différentes pressions anthropiques responsables de la fragmentation et à ce titre une attention doit être portée sur la lumière artificielle nocturne

- Lors de l’identification des éléments de trames c’est-à-dire des réservoirs et des corridors écologiques qui formeront le réseau écologique. Pour les réservoirs de biodiversité, la lumière artificielle peut alors s'ajouter aux différents critères déjà considérés habituellement pour discriminer la qualité écologique du territoire. De même, pour les corridors écologiques, le caractère freinant voire bloquant de la pollution lumineuse peut être ajouté, par exemple lors de la constitution des cartes de frictions utilisée pour les modélisations de type "chemin de moindre coût".

- Au stade de l'identification des points de conflits ou obstacles. Cette étape consiste à croiser le réseau écologique identifié avec les éléments fragmentants du territoire, parmi lesquels la pollution lumineuse peut donc venir s'ajouter.

- Dans les plans d'actions ou de programmation. Une fois un réseau écologique identifié, celui-ci doit vivre à travers la mise en place d'action pour préserver et restaurer les continuités écologiques qui le composent. Des mesures génériques de réduction de la pollution lumineuse peuvent alors être programmées, dans et en dehors des continuités écologiques. De même, la connaissance restant encore lacunaire sur ce sujet, un plan d'action peut être l'occasion de prévoir des actions d'acquisition par exemple sur le fonctionnement de la biodiversité nocturne, la pollution lumineuse et son effet fragmentant.

Ces conseils peuvent s'appliquer aux différentes échelles d'identification de réseau écologique, notamment à l'échelle des Schémas régionaux de cohérence écologique, des documents d'urbanismes ou encore des projets.
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