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La nuit préservée

Réduire la pollution lumineuse

> Législation et règlementation

> Principe général sur l'éclairage artificiel

> Modulation spatiale et temporelle possible de l'éclairage

> Mesures génériques à l'échelle des luminaires

> Planification

> Prise en compte spécifique de la biodiversité

> Prise en compte du confort visuel et de la sécurité







NUITFRANCE - Réduire la pollution lumineuse et ses effets

Réduire la pollution lumineuse et ses effets





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> Législation et règlementation



> En 2007, le Grenelle de l'environnement a légiféré pour la première fois sur le sujet :

- La loi dite Grenelle I du 03/08/2009 (LOI n° 2009-967 du 3 août 2009 de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement) a prévu dans son article 41 que « Les émissions de lumière artificielle de nature à présenter des dangers ou à causer un trouble excessif aux personnes, à la faune, à la flore ou aux écosystèmes, entraînant un gaspillage énergétique ou empêchant l'observation du ciel nocturne feront l'objet de mesures de prévention, de suppression ou de limitation. »

- La loi dite Grenelle II du 12/07/2010 (LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l'environnement), par son article 173, a ensuite créé au sein du Code de l'environnement les articles L583-1 à L583-4, définissant des dispositions générales et l'article L583-5 introduisant des sancitions administratives.


> La règlementation post-Grenelle s'est construite ensuite par :

- un décret d’application pour la prévention et la limitation des nuisances lumineuses a été publié le 13 juillet 2011 (Décret n° 2011-831).
=> Voir le décret sur LégiFrance

- un décret d’application sur les enseignes, pré-enseignes et les publicités extérieures a été publié le 31/01/2012 (Décret n° 2012-118) et entré en vigueur le 01/07/2012 (avec des délais de mise en conformité pour les anciennes installations). Ce décret demande l'extinction des enseignes lumineuses entre 1h et 6h du matin ainsi que des publicités et pré-enseignes (entre 1h et 6h du matin pour les communes de moins de 800 000 habitants et selon le Règlement local du publicité pour les communes de plus de 800 000 habitants)
=> Voir le décret sur LégiFrance

- un arrêté sur les vitrines, façades et bureaux a été pris le 25/01/2013 et est entré en application le 01/07/2013. Celui-ci instaure désormais une extinction obligatoire des vitrines, façades et bureaux entre 1h et 7h du matin ou bien a minima depuis 1 heure après la fermeture du lieu jusqu’à 1 heure avant l’ouverture du lieu. Des dérogations sont possibles (illuminations de Noël, secteurs touristiques, ...).
=> Voir l'arrêté sur LégiFrance

=> Voir le résumé de cette règlementation sur le site Service-Public.fr

=> Participer au suivi de cette règlementation effectué par NuitFrance


> A la suite du décret du 13/07/2011, le Code de l'environnement prévoit également dans son article R583-4 que les installations lumineuses puissent faire l'objet de mesures plus restrictives dans certains espaces naturels listés en annexe de cet article ainsi que dans certains sites astronomiques dans la liste est à publier. => Voir l'article Art. R. 583-4 du Code de l'environnement
Les espaces naturels concernés, listés par l'annexe de l'article R583-4 sont : les espaces classés par les décrets de création des parcs nationaux mentionnés aux articles L. 331-2 et R. 331-46, les réserves naturelles et périmètres de protection mentionnés aux articles L. 332-2 et L. 331-16, les parcs naturels régionaux mentionnés à l'article L. 333-1, les parcs naturels marins mentionnés à l'article L. 334-3, les sites classés et sites inscrits mentionnés aux articles L. 341-1 et L. 341-2 aionsi que les sites Natura 2000 mentionnés à l'article L. 414-1.
=> Voir l'annexe de l'article R583-4 du Code de l'environnement
Ces mesures plus strictes ainsi que la liste des sites astronomiques concernés devraient être publiées d'ici au printemps 2018.


> D’autres dispositifs législatifs et règlementaires nationaux ont également inclus la pollution lumineuse :

- depuis la dernière réforme des études d'impacts (décret n° 2011-2019 du 29 décembre 2011 entré en vigueur le 1er juin 2012) le diagnostic doit désormais intégrer l'enjeu continuité écologique c'est-à-dire notamment identifier les sources de fragmentation causées par le projet, parmi lesquelles peut se trouver la lumière artificielle. Ce décret demande également une analyse des effets du projet en termes de bruits et émissions lumineuses vis-à-vis du voisinage.
=> Voir le décret sur LégiFrance

- le Grenelle de l'environnement à initié en 2007 le projet Trame verte et bleue destiné à lutter contre la fragmentation. Les orientations nationales de ce projet approuvées par le décret n° 2014-45 du 20 janvier 2014 affichent un objectif de maitrise de l'urbanisation en intégrant des problématiques qui lui sont connexes, notamment la pollution lumineuse.
=> Plus d’informations sur le dispositif Trame verte et bleue



> En 2016, la loi dite "Biodiversité" (LOI n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages) a :

- modifié l'article L110-1 du Code de l'environnement, en y ajoutant la précision "diurnes et nocturnes" au terme de "paysages", désormais ainsi rédigé : « I. - Les espaces, ressources et milieux naturels terrestres et marins, les sites, les paysages diurnes et nocturnes, la qualité de l'air, les êtres vivants et la biodiversité font partie du patrimoine commun de la nation. ». Cette notion de patrimoine commun associée à tous les paysages date de la Loi n° 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnementLes espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation », anciennement article L200-1 du Code rural).

- modifié l'article L371-1 du Code de l'environnement qui définit les objectifs de la Trame verte et bleue, désormais ainsi rédigé : « I-La trame verte et la trame bleue ont pour objectif d'enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, à la gestion et à la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques, tout en prenant en compte les activités humaines, et notamment agricoles, en milieu rural ainsi que la gestion de la lumière artificielle la nuit. »

- modifié le 5° de l'article L219-8 du Code de l'environnement définissant les pollutions sous-marines, en y ajoutant les "sources lumineuses", ainsi désormais rédigé : « 5° La " pollution ” consiste en l'introduction directe ou indirecte, par suite de l'activité humaine, de déchets, de substances, ou d'énergie, y compris de sources sonores sous-marines ou de sources lumineuses d'origine anthropique, qui entraîne ou est susceptible d'entraîner des effets nuisibles pour les ressources vivantes et les écosystèmes marins, et notamment un appauvrissement de la biodiversité, des risques pour la santé humaine, des obstacles pour les activités maritimes, et notamment la pêche, le tourisme et les loisirs ainsi que les autres utilisations de la mer, une altération de la qualité des eaux du point de vue de leur utilisation, et une réduction de la valeur d'agrément du milieu marin. »

- créé l'article L350-1 C. du Code de l'environnement définissant les objectifs de qualité paysagère mentionnés à l'article L. 333-1 du Code de l'environnement (c'est-à-dire ceux devant figurés dans le rapport déterminant les orientations de protection, de mise en valeur et de développement d'un Parc naturel régional), avec la formulation suivante : « Les objectifs de qualité paysagère mentionnés à l'article L. 333-1 visent également à garantir la prévention des nuisances lumineuses définie à l'article L. 583-1. »

- a modifié le deuxième alinéa de l'article L110-2 du Code de l'environnement, en y précisant "y compris nocturne", ainsi désormais rédigé : « Il est du devoir de chacun de veiller à la sauvegarde et de contribuer à la protection de l'environnement, y compris nocturne. »


> Via la règlementation européenne il existe par ailleurs des restrictions de commercialisation des types de luminaires (Règlement 245/2009). Par exemple, l’usage des boules à Mercure, encore très largement répandues (1/3 du parc public) et fortement polluantes, est interdit à la vente depuis avril 2015 ; cependant compte tenu des stocks dont disposent encore les collectivités, ce type de luminaire va sans doute persister encore un certain temps.
=> Voir le règlement



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> Principe général sur l'éclairage artificiel



La pollution lumineuse : une pollution que l’on sait stopper et que l’on sait résorber


Du fait des caractéristiques de la lumière, la pollution lumineuse peut être à la fois stoppée et résorbée :

- stoppée car l’extinction des sources de lumière artificielle arrête instantanément l’émission nouvelle de pollution,

- résorbée car la lumière émise, du fait de son comportement ondulatoire, se dissipe dans l’espace et ne reste donc pas une pollution locale. Il se peut cependant qu’il y ait une certaine inertie vis-à-vis de l’effet halo décrit précédemment, le temps que les particules de lumière quittent l’atmosphère.

Le fait que la pollution lumineuse soit réversible est un atout réel, car ce n’est pas le cas de toutes les pollutions. Par exemple, concernant la pollution des sols aux métaux lourds, si l’on sait stopper l’émission de nouvelle pollution, on ne sait pas aujourd’hui supprimer la pollution déjà émise. Tout au plus est-il possible de retirer la terre polluée ou de recourir à certaines plantes qui permettent de stocker les métaux mais au final la pollution se retrouve simplement concentrée et/ou déplacée mais non résorbée.

Néanmoins, malgré le caractère réversible de la pollution lumineuse elle-même, les conséquences qu’aura pu avoir cette pollution ne sont pas, elles, nécessairement réversibles. Il se peut en effet que la modification des écosystèmes sous l’effet de la pollution lumineuse (disparition d’espèces lucifuges par exemple) ne soit pas immédiatement réparée après une extinction, si tant est même qu’un retour à l’état initial soit possible.



Réfléchir désormais à l’opportunité même d’éclairer


On constate ainsi que d’éteindre les sources existantes et de ne pas allumer de nouvelles sources constituent l’acte le plus efficace pour à la fois stopper et résorber la pollution lumineuse.

Pourtant, il est probable que la suppression totale de tous les éclairages ne sera pas l'option choisie par l’humanité car de fait la lumière artificielle la nuit est une réponse à une envie et à un besoin des humains, biologiquement diurnes, de prolonger leur activité sur la période nocturne. Cette capacité à produire artificiellement de la lumière a indéniablement contribué au développement de notre espèce et à son émancipation.

L’avenir se trouve donc sans doute plutôt dans la maitrise de cet éclairage artificiel. Tout en conservant de l’éclairage artificiel, une marge de manœuvre très importante existe en effet sans perte de confort, y compris dans certains cas en retirant tout simplement des points lumineux dont on aura réalisé qu’ils sont superflus ou en pratiquant des extinctions totales à des moments où l'éclairage s'avère inutile.

Un questionnement sur l’opportunité même d’éclairer, à la fois en amont des nouveaux projets mais aussi concernant l’existant, doit donc désormais se poser systématiquement, pour le parc public comme privé, même pour un particulier concernant son jardin ou son entrée de garage :

Cet éclairage est-il « utile » ? A-t-on besoin de toute cette lumière ?




> Modulation spatiale et temporelle possible de l'éclairage


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Alternative à l'éclairage fixe


Le recours au bon sens peut faire apparaître comme suffisantes des alternatives telles que :
- l’utilisation de catadioptres (plaques réfléchissantes),
- tout simplement une lampe portative (frontale, torche, ...).



Ajustement de l'éclairage fixe par la technologie


S’il s’avère qu’un éclairage fixe est nécessaire, la réponse n’est pas obligatoirement binaire. Il existe en effet de nos jours de nombreuses possibilités pour moduler la durée, la fréquence ou les horaires d’allumage et d’extinction afin de faire coïncider l’éclairement avec le besoin humain réel.

On peut notamment utiliser des détecteurs de présence associés à une minuterie afin de circonscrire l'éclairage au moment où un humain en a effectivement besoin.

Des exemples innovants, mobilisant la technologie moderne, existent comme "l’éclairage à la demande" testé par la commune de Préfailles.



Extinction partielle ou totale en milieu de nuit


Une pratique mise en place par de nombreuses communes consiste à couper l'éclairage public en milieu de nuit quand les besoins humains sont quasi nuls. Cette extinction de l'éclairage public est réalisée à l'initiative des municipalités, il n'existe pas de règlementation la rendant obligatoire contrairement à l'extinction des enseignes lumineuses, des bureaux, des vitrines ou encore des façades des bâtiments non résidentiels.
=> Voir et participer au recensement des communes qui pratiquent cette extinction, réalisé sur NuitFrance

L'extinction peut être :

- totale ou partielle spatialement, c'est-à-dire être réalisée sur l'ensemble du territoire ou exclure certaines zones de la commune (ex : maintien de l'éclairage sur les axes routiers principaux),

- totale ou partielle temporellement, c'est-à-dire se dérouler toute l'année ou bien ne pas être appliquée certains jours particuliers (ex : maintien de l'éclairage certains jours de la semaine ou lors de fêtes).

Cette pratique a un effet clair et immédiat à la fois sur la facture énergétique (économie), sur la lumière intrusive (sommeil/santé) et sur l'observation du ciel étoilé (astronomie). Sur la biodiversité nocturne, cette pratique est également efficace. Elle possède néanmoins une limite pour les espèces crépusculaires (certaines chauves-souris par exemple), c'est-à-dire pour lesquelles l'extinction, par définition, se chevauche difficilement avec leur pic d'activité. Pour maximiser l'efficacité de l'extinction, l'éclairage doit être coupé le plus tôt possible et rallumé le plus tard possible.

En conclusion, si cette pratique ne peut répondre à tous les aspects du problème, elle est en tous cas une mesure de bon sens : pourquoi éclairer quand il n'y a personne ?


Nébuleuse de la Tête de Cheval. Cliché sans lampadaires
Nébuleuse de la Tête de Cheval. Cliché sans lampadaires. Précisions photo : EOS 450D défilté Astrodon + filtre EOS clip CLS-CCD + Aplatisseur de champ Télévue 0,8x sur lunette SW 80ED montée sur une Sirius EQ-G avec autoguidage ; poses de 5mn à 800iso. Photo : O. Ravayrol

Nébuleuse de la Tête de Cheval. Cliché avec lampadaires
Nébuleuse de la Tête de Cheval. Cliché avec lampadaires. Précisions photo : EOS 450D défilté Astrodon + filtre EOS clip CLS-CCD + Aplatisseur de champ Télévue 0,8x sur lunette SW 80ED montée sur une Sirius EQ-G avec autoguidage ; poses de 5mn à 800iso. Photo : O. Ravayrol


Suppression de points lumineux


Certaines communes s'engagent aussi dans la suppression tout simplement de sources de lumières artificielles pour réduire la pollution lumineuse.



> Mesures génériques à l'échelle des luminaires


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Quand un éclairage fixe est décidé, le choix du luminaire aura des conséquences sur la pollution engendrée. De très nombreuses caractéristiques influent fortement, comme :


- la direction de l’éclairage : la pollution est d’autant plus grande que la lumière est émise directement vers le ciel puisque celle-ci part directement dans l’environnement et dans l’atmosphère. A ce titre, les éclairages d’arbres par-dessous, très utilisés en paysagisme, sont très polluants. Diriger l’éclairage vers la cible à éclairer, située plus basse que le luminaire, est une solution optimale pour réduire la pollution. Il en est de même des éclairages sans cible, pour une lumière d’ambiance, dont la direction à privilégier reste le sol.


- la forme du luminaire : les luminaires avec un capot sur le dessus et où l’ampoule n’est pas apparente minimiseront là encore l’émission de lumière vers le ciel et aussi les risques d’éblouissements. De fait, les luminaires de types boules ou lanternes, où la lumière part sur les côtés, voire dans tous les sens, sont très polluants.

ULOR très mauvais ULOR mauvais ULOR moyen ULOR bon

Différents types de luminaires et la proportion de lumière qu'ils émettent en conséquence vers le ciel. Schémas : R. Sordello


- la hauteur du luminaire : plus le mât du luminaire est haut plus la zone éclairée au sol sera grande. Les luminaires bas et maintenus en dessous des canopées des arbres diminuent la pollution engendrée.


- l’intensité lumineuse : la puissance de l’ampoule doit être adaptée au besoin d’éclairement. Ce besoin de puissance sera par ailleurs diminué si votre éclairage cible justement ce que vous souhaitez éclairer.


Enfin, le revêtement du sol a aussi une importance capitale dans la proportion de lumière renvoyé vers le ciel par réflexion. Chaque matériau possède ainsi un Indice de réflexion qui traduit sa faculté à renvoyer plus ou moins de lumière ou au contraire à l'absorber. L’herbe est par exemple un revêtement très absorbant (10 % de lumière renvoyée environ) et donc très peu polluant. A l’inverse, un sol brillant renverra beaucoup de lumière.





> Planification


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Schémas Régionaux de cohérence écologique (SRCE)


La politique Trame verte et bleue vise à répondre au phénomène de fragmentation des milieux naturels qui entrave les déplacements nécessaires au vivant (dispersion, migration, mouvements quotidiens, ...). La lumière étant susceptible de contribuer à cette fragmentation, la Trame verte et bleue comporte parmi ses objectifs la réduction de la pollution lumineuse en tant que facteur connexe à l'urbanisation.
Le projet Trame verte et bleue se décline à 3 échelles de territoire (nationale, régionale, infra-régionale). Au niveau régional, les Conseils régionaux et les Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) pilotent le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE). La phase d'adoption des SRCE est désormais terminée.
Le Centre de ressources TVB a effectué une veille technique sur l'élaboration de ces SRCE. A ce titre, les initiatives en matière d'intégration de la pollution lumineuse ont été recensées (Sordello, 2015). Pour cette première génération des SRCE, la pollution lumineuse apparait principalement dans le diagnostic et dans le plan d'action stratégique des SRCE (=> Voir le rapport).



Schémas Directeurs d'Aménagement Lumière (SDAL)


Les collectivités ont la possibilité d'élaborer sur leur territoire un Schéma Directeur d'Aménagement Lumière (SDAL) c’est-à-dire un plan pour fixer les grandes orientations en matière d'éclairage urbain et prendre ainsi le temps de se questionner sur « Quoi éclairer ? Pourquoi éclairer ? Comment éclairer ? ».


Votre collectivité possède un SDAL innovant en matière de préservation de l'environnement nocturne et dont vous souhaiteriez parler sur NuitFrance : contact@nuitfrance.fr



Schéma de COhérence Territoriale (SCOT)


C'est le document de planification situé entre les PLU/PLUi et les documents régionaux. Il couvre ainsi plusieurs communes (nombre variable selon les contextes, d'une quinzaine à plus d'une centaine voire même davantage).


Plans locaux d'urbanisme (PLU)


C'est le document de planification à échelle "fine", communale ou intercommunale (PLUi).


Votre collectivité a mis en place un PLU, ou votre territoire fait partie d'un PLUi ou d'un SCOT, innovant en matière de préservation de l'environnement nocturne et dont vous souhaiteriez parler sur NuitFrance : contact@nuitfrance.fr



Charte de bonnes pratiques et engagement volontaire


En complément des documents de planification prévus par la règlementation, certaines associations de protection de la nature proposent des chartes de bonnes pratiques auxquelles peuvent souscrire les collectivités (communes notamment), afin de montrer un engagement volontaire dans la réduction de la pollution lumineuse de leur territoire.

L'association Noé Conservation a mis en place en 2013, avec l'aide d'un groupe d'experts, une charte pour l'éclairage durable, à destination des communes. Cette charte vise à aider la collectivité à adapter son éclairage public en prenant en compte la biodiversité.
Lien : http://www.noeconservation.org/imgs/bibliotheque_fichier/130430113643_charte_eclairage_dur.pdf

L'association FRAPNA propose une charte qui comporte cinq articles. Les signataires s'engagent ainsi moralement à n'éclairer que lorsque c'est réellement nécessaire, là où c'est nécessaire, à adapter l'intensité aux besoins, à prendre en considération l'impact environnemental global des différents types d'ampoules et à avoir une attention particulière à l'éclairage des sites naturels.
Lien : http://www.frapna-38.org/images/Veille/Charte.pdf



Votre collectivité a souscrit à une charte ou vous êtes une association qui en propose une, et vous souhaiteriez le faire partager sur NuitFrance : contact@nuitfrance.fr



Plans nationaux d'actions pour les espèces menacées


Depuis 1996, la politique nationale de protection de la nature comporte un outil, d'abord intitulé "plan de restauration" puis "plan national d'action". Il s'agit de programmes engagés en faveur d'espèces menacées pour lesquelles des actions particulières sont nécessaires en complément du dispositif législatif et réglementaire relatif à la conservation des espèces. Ces plans permettent d’informer les acteurs concernés et le public et surtout de planifier une liste d'actions pendant 5 ans. Parmi les plans nationaux d'action (PNA) en cours ou réalisés, plusieurs concernent des espèces ou des groupes d'espèces nocturnes. Notamment :
- le PNA Chouette Chevêche (2001),
- le PNA Sonneur à ventre jaune (2011-2015),
- le PNA Chiroptères (1999-2003 puis 2008-2012) : Voir le site dédié à ce plan,
- le PNA Vision d'Europe (2007-2011),
- le PNA Grand Hamster (2007-2011 puis 2012-2016),
- le PNA Loutre d'Europe (2010-2015) : Voir la page dédiée à ce plan sur le site de la SFEPM,
- le PNA Ours brun (2006-2009),
- le PNA Desman des Pyrénées (2009-2014).
=> Voir la page du Ministère en charge de l'écologie sur les plans nationaux d'action
=> Voir les références de ces différents PNA dans la base de données NuitFrance



> Prise en compte spécifique de la biodiversité


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Quelle lumière perturbe le moins la biodiversité ?


C’est un des critères les plus complexes car en fonction des espèces, les longueurs d’ondes perturbantes ne seront pas les mêmes.

Par exemple, pour nuire le moins possible aux insectes, qui voient dans l’ultraviolet, les couleurs oranges/rouges sont préférables. En revanche, les oiseaux sont plutôt sensibles au rouge.

Il n’y a donc pas d’idéal. Néanmoins, les lumières blanches, qui émettent dans un maximum de longueurs d’ondes sont peut-être celles qui risquent mécaniquement d’impacter le plus grand nombre d’espèces. Dans le même temps, c’est aussi celles qui offrent un rendu des contrastes le plus fidèle à la lumière du jour, et pour cette raison elles sont recherchées pour les mises en lumière.

Voici une série d’ampoules possibles, non exhaustive, avec quelques détails sur leurs émissions :

- l’ampoule à incandescence : c’est la bonne vieille ampoule à filament. Elle produit une lumière chaude, plutôt jaune/orangée, donc intéressante en termes d’impacts réduits sur la biodiversité. Par contre cette ampoule disparait actuellement du marché du fait de son rendement très faible (perte importante d’énergie par émission de chaleur (effet Joule)),

- les ampoules halogènes : elles émettent beaucoup dans l’ultraviolet et à ce titre elles peuvent avoir des conséquences sur les insectes,

- les ampoules à Mercure : elles émettent moins dans l’ultraviolet que les lampes halogènes mais elles consomment beaucoup d’électricité,

- les lampes à Sodium Basse-Pression : elles ont le meilleur des rendements possibles et produisent une lumière rouge,

- les lampes à Sodium Haute-Pression : elles ont un bon rendement aussi mais sont plus éblouissantes, elles produisent une lumière jaune/orange. On en retrouve encore beaucoup sur l’éclairage public. Compte-tenu de leurs longueurs d’ondes, ce sont donc les lampes idéales pour minimiser les impacts sur les insectes. Mais leur rendu des couleurs est médiocre et elles sont désormais souvent remplacées, notamment par des LED,

- les LED : elles produisent une lumière froide blanche/bleutée et avec un excellent rendement, ce qui les rend actuellement très attractives pour ceux qui limitent leurs réflexions aux enjeux économiques de la pollution lumineuse. Sur le plan biodiversité, du fait de tous les éléments donnés précédemment, elles ont un impact fort sur l’entomofaune. Enfin, leur efficacité énergétique est à double tranchant car, leur nombre est parfois multiplié tout en consommant moins que les luminaires qu’elles ont remplacés, ce qui au final revient à augmenter les sources de pollution lumineuse.



Démarches de réseaux écologiques


Afin de lutter contre le phénomène de fragmentation des habitats naturels, il est important de préserver et restaurer des continuités écologiques. Celles-ci doivent alors former un réseau écologique, constitué de réservoirs de biodiversité et de corridors écologiques.

Des préconisations ont été formulées par le Centre de ressources TVB pour intégrer la problématique de la fragmentation par la lumière artificielle lors d'une démarche de réseau écologique (Sordello et al., 2014). La pollution lumineuse peut ainsi intervenir à plusieurs étapes (=> Voir le rapport complet) :

- Au moment du diagnostic, c'est à dire de la phase préliminaire à l'identification du réseau écologique. Cette phase consiste généralement à lister et spatialiser les différentes pressions anthropiques responsables de la fragmentation et à ce titre une attention doit être portée sur la lumière artificielle nocturne

- Lors de l’identification des éléments de trames c’est-à-dire des réservoirs et des corridors écologiques qui formeront le réseau écologique. Pour les réservoirs de biodiversité, la lumière artificielle peut alors s'ajouter aux différents critères déjà considérés habituellement pour discriminer la qualité écologique du territoire. De même, pour les corridors écologiques, le caractère freinant voire bloquant de la pollution lumineuse peut être ajouté, par exemple lors de la constitution des cartes de frictions utilisée pour les modélisations de type "chemin de moindre coût".

- Au stade de l'identification des points de conflits ou obstacles. Cette étape consiste à croiser le réseau écologique identifié avec les éléments fragmentants du territoire, parmi lesquels la pollution lumineuse peut donc venir s'ajouter.

- Dans les plans d'actions ou de programmation. Une fois un réseau écologique identifié, celui-ci doit vivre à travers la mise en place d'action pour préserver et restaurer les continuités écologiques qui le composent. Des mesures génériques de réduction de la pollution lumineuse peuvent alors être programmées, dans et en dehors des continuités écologiques. De même, la connaissance restant encore lacunaire sur ce sujet, un plan d'action peut être l'occasion de prévoir des actions d'acquisition par exemple sur le fonctionnement de la biodiversité nocturne, la pollution lumineuse et son effet fragmentant.

Ces conseils peuvent s'appliquer aux différentes échelles d'identification de réseau écologique, notamment à l'échelle des Schémas régionaux de cohérence écologique, des documents d'urbanismes ou encore des projets.

> Prise en compte du confort visuel et de la sécurité


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